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Comment les municipalités peuvent encourager les petites entreprisesPar Garth Whyte
Le 20 octobre 2008
Il semble parfaitement logique de s’attendre à ce que les administrations municipales fassent de leur mieux pour attirer et retenir les petites et moyennes entreprises (PME). Après tout, ces dernières créent la majorité des nouveaux emplois. Par ailleurs, étant principalement responsables de l’emploi dans les collectivités, elles sont indispensables aux économies locales.
Toutefois, il arrive trop souvent que les politiciens locaux et leurs administrations tiennent les PME pour acquises et les traitent essentiellement comme des sources de revenu qui servent à satisfaire leur désir insatiable de dépenser.
La pratique consistant à ligoter les PME au moyen des formalités administratives, à leur imposer des règlements ridicules et à leur infliger sans cesse des impôts fonciers est un exemple révélateur de la façon dont les gouvernements locaux les ont obligées depuis toujours à s’évader ou à s’éteindre. À vrai dire, l’impôt foncier du Canada est parmi les plus élevés du monde industriel et les entreprises assument le gros de ce fardeau.
La bonne nouvelle est que certaines villes ont commencé à y voir plus clair comme on le constate d’après la sélection des dix villes qui sont les plus conviviales pour les PME. Ce journal dresse d’ailleurs un portrait de ces dix villes tout au long de la semaine en cours. Cela ne veut pas dire bien entendu que ces villes n’ont plus rien à faire pour être encore plus propices mais, du moins, elles sont sur la bonne voie. On ne peut pas en dire autant au sujet de nombreuses autres villes du Canada.
Au juste, qu’est-ce que les municipalités pourraient faire pour donner un coup de pouce aux PME ? Elles devraient commencer par le début en reconnaissant qu’un fondement solide constitué des PME est crucial pour bâtir une collectivité forte. Elles devraient ensuite appuyer cette initiative en privilégiant des politiques et des mesures sensées et éclairées. Par exemple, elles pourraient éviter de demander des pouvoirs supplémentaires et se concentrer sur leurs propres domaines de responsabilité qui sont clairement définis et distincts de ce qui revient aux ordres fédéral et provincial. Si les villes géraient leurs affaires de cette façon, elles contribueraient largement à réduire le chevauchement des tâches et le gaspillage.
Les villes pourraient faire une autre démarche importante qui consiste à réserver leurs dépenses à la croissance de la population et à l’inflation, ainsi qu’à maintenir les salaires du gouvernement local au même niveau que ceux du secteur privé dans leur juridiction. Lorsque les administrations municipales manquent de discipline sur le plan des dépenses, elles se voient obligées d’adopter de nouveaux programmes afin de payer les factures et, trop souvent, ce sont les PME qui en pâtissent le plus.
Les administrations locales devraient également supprimer les obstacles aux marchés publics, qui sont par exemple réservés aux entreprises syndiquées, et fixer des objectifs clairs pour la prestation et la qualité des services à la clientèle, notamment en ce qui concerne les permis. Le fait que bon nombre de services municipaux ne fassent pas l’objet d’un appel d’offres concurrentiel est injuste et déconseillé. Or, un appel d’offres fournirait justement des occasions d’affaires aux petites entreprises de la collectivité. De plus, les administrations auront l’avantage de choisir parmi une gamme plus étendue de prix.
Les dépenses posent un énorme problème aux gouvernements locaux. Il s’agit bien entendu d’un enjeu qui est plus sérieux pour certains que pour d’autres en fonction de leur taille et de leurs exigences. En même temps, ce phénomène s’avère être encore plus grave lorsque les administrations locales manquent de responsabilité financière et ne se tiennent pas aux éléments fondamentaux. La FCEI ne cesse d’exhorter les municipalités depuis des années à adopter un budget base zéro et à contenir les dépenses en se concentrant sur certains aspects tels que les routes, les transports en commun, l’eau et l’élimination des déchets.
Enfin, il existe une autre réalité des PME qui est si importante pour les villes et les collectivités de toute taille mais qui ne peut être mesurée en termes d’emplois, d’impôts ou de règlements. Nous parlons du facteur humain étant donné que la plupart des propriétaires de PME vivent dans les mêmes collectivités où ils tiennent leur entreprise. Ainsi, ils s’intéressent personnellement à la prospérité de l’endroit où ils sont « domiciliés », à la différence des dirigeants de succursales qui habitent dans une autre partie de la province, voire à l’extérieur du pays. Les patrons de PME constituent la majorité dans les Clubs « Rotary », entraînent les équipes de hockey mineur, contribuent aux œuvres caritatives et investissent des énergies et des idées dans de nombreuses activités et causes nobles au sein de leurs collectivités.
Si on espère faire des collectivités des endroits où il fait bon vivre et travailler, on a intérêt à soutenir les PME. Ce n’est non seulement intelligent mais aussi vital.
Garth Whyte est vice-président exécutif de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).
(Traduction de l'article publié dans le « Financial Post » du lunedi le 20 octobre 2008)